Table ronde sur la traduction théâtrale: Paroles de traducteur.trice.s

28 août 16h | Salle Jean-Claude-Germain | GRATUIT

Les Rencontres de traduction du CEAD permettent à une douzaine de traducteurs et de traductrices venus de partout de partager leurs expériences autour de la traduction des textes québécois et franco-canadiens vers d’autres langues. Mais qu’en est-il de la traduction des textes étrangers pour nos scènes? Qui traduit le théâtre au Québec? Et selon quelles conventions? Les traductions sont-elles faites à partir des textes originaux ou passent-elles plutôt par une langue intermédiaire? Et comment régler une fois pour toutes la question du niveau de langue? Une discussion, peut-être même un débat, avec les traducteur.trice.s et les intervenant.e.s d’ici.

Claude Poissant | Metteur en scène et directeur artistique
Auteur, comédien, et surtout metteur en scène réputé, Claude Poissant a été nommé à la direction artistique du Théâtre Denise-Pelletier (TDP) au printemps 2014. Auparavant, il était codirecteur artistique et l’un des fondateurs (1978) du Théâtre PàP, une compagnie de création vouée à la dramaturgie contemporaine. Figure de proue du théâtre québécois depuis 30 ans, Claude Poissant est un défricheur et un défenseur de paroles. Parmi ses mises en scène, rappelons Le Traitement de Martin Crimp, Je voudrais me déposer la tête de Jonathan Harnois, Abraham Lincoln va au théâtre, The Dragonfly of Chicoutimi, Grande Écoute et L’Orangeraie de Larry Tremblay, Mutantès de Pierre Lapointe, Rouge Gueule d’Étienne Lepage et Tom à la ferme de Michel Marc Bouchard. Il a également signé les mises en scène de Tristesse animal noir de Anja Hilling, Après moi, le déluge de Luisa Cunillé, Bienveillance de Fanny Britt, Marie Tudor de Victor Hugo et Cinq visages pour Camille Brunelle de Guillaume Corbeil. En 2017, L’Avare, son premier Molière, était présenté au Théâtre Denise-Pelletier. En janvier 2018, au même endroit, il signait la mise en scène de Hurlevents, qui marquait sa troisième collaboration avec l’auteure Fanny Britt. Au cours de la saison 2018-2019, il s’offrira à l’automne un premier rendez-vous avec un texte de Michel Tremblay, Bonjour, là, bonjour, tragédie chorale en 31 brefs tableaux, au Théâtre Denise-Pelletier, puis la mise en scène au printemps de L’Origine de mes espèces, le théâtre musical en solitaire de son complice de longue date Michel Rivard, qui sera présenté à La Licorne et en tournée québécoise.

Fanny Britt | Traductrice et autrice
Fanny Britt est écrivaine et traductrice. Elle est l’auteure d’une douzaine de pièces de théâtre, dont Hurlevents, Chaque jour et Bienveillance, portée à la scène par Claude Poissant en 2012 et lauréate du Prix du Gouverneur général en 2013. Ses pièces ont été créées sur plusieurs scènes du Québec et d’ailleurs, dont La Licorne, l’Espace Go, Espace libre et le Théâtre d’aujourd’hui. Des mises en lecture de Bienveillance ont également été présentées en Allemagne et aux États-Unis.

Fanny Britt œuvre aussi en littérature. Son premier roman, Les maisons, paru à l’automne 2015, a été finaliste au prix France-Québec et au prix des Collégiens, et a été publié en anglais chez House of Anansi sous le titre Hunting Houses. Elle a également fait paraître chez Atelier 10 un essai personnel, Les tranchées – Maternité, ambiguïté, féminisme, en plus d’avoir traduit et adapté une trentaine de pièces de théâtre et de romans, dont des œuvres de Martin McDonagh, Annabel Soutar, Sarah Ruhl, Neil Labute, Grace O’Connell et Lisa Moore. Elle a également traduit plusieurs pièces de l’auteur britannique Dennis Kelly, suite à une première rencontre avec lui lors d’une résidence de traduction au CEAD (Après la fin, Orphelins, Amour/Argent, ADN). Sa première collaboration avec l’illustratrice Isabelle Arsenault, le roman graphique Jane, le renard et moi (éditions de la Pastèque), a été traduit en une douzaine de langues et a remporté de nombreux prix nationaux et internationaux, en plus d’avoir été classé parmi les dix meilleurs livres illustrés de 2013 selon le New York Times. Leur plus récente collaboration, Louis parmi les spectres, est parue à l’automne 2016 et a remporté le prix de l’ACBD, en plus d’avoir été finaliste pour le prix du gouverneur général du Canada, le prix jeunesse du festival d’Angoulême et plusieurs Eisner Awards.

David Laurin | Traducteur et metteur en scène
Diplômé de l’École de théâtre du Collège Lionel-Groulx en 2005, David Laurin est comédien et traducteur. Depuis avril 2017, il est codirecteur artistique de la Compagnie Jean-Duceppe, aux côtés de Jean-Simon Traversy. David Laurin a traduit plus d’une vingtaine de pièces de théâtre dont Ceux que l’on porte de Andrew Dainoff, Les marches du pouvoir de Beau Willimon, L’obsession de la beauté de Neil LaBute, L’absence de guerre de David Hare, Les flâneurs célestes de Annie Baker, Scotstown de Fabien Cloutier, Constellations de Nick Payne, Ils étaient tous mes fils de Arthur Miller, et Oslode J.T. Rogers, qui sera présenté à Montréal cet automne. On lui doit également la traduction de quelques romans, biographies, séries télévisées et jeux vidéo. Comme acteur, il fait ses premières armes dans Antoine et Cléopâtre au TNM, avant de participer à une trentaine de pièces, dont Les MisérablesL’obsession de la beautéMika l’enfant pleureurLe CidLe blues d’la métropoleLe Petit RoyTribus etQuand la pluie s’arrêtera. Il collabore aussi aux productions Un peu de tendresse, bordel de merde! et La pornographie des âmes du chorégraphe Dave St-Pierre. Au petit écran, il incarne le jeune Jean Duceppe dans la série éponyme, en plus de faire des apparitions dans Minuit le soirVirginieLes hauts et les bas de Sophie PaquinToute la vérité et Lâcher prise. Il décroche son premier rôle au cinéma dans le film À vos marques party! 2. En 2009, avec le désir d’établir un pont avec la dramaturgie anglo-saxonne émergente, il cofonde LAB87 avec Mathieu Quesnel, François-Simon Poirier et Jean-Simon Traversy. La compagnie a notamment présenté les pièces L’obsession de la beautéLes flâneurs célestesTribusL’amour est un dumplingToutes les choses parfaitesQuand la pluie s’arrêtera et Il faudra bien qu’un jour.

Maryse Warda | Traductrice
Née en Égypte où elle passe son enfance, Maryse arrive à Montréal à l’âge de 9 ans où elle apprend l’anglais en regardant la série Happy Days. En 1991, Pierre Bernard, alors directeur du Quat’Sous, lui offre la chance d’effectuer sa première traduction, Traces d’étoiles, de Cindy Lou Johnson. La pièce est couronnée d’un tel succès qu’elle marque le début d’une carrière aussi inespérée qu’inattendue. Depuis, elle a signé près d’une soixantaine de traductions d’auteurs contemporains nord-américains, britanniques, écossais et irlandais. Son travail sur la série Motel de passage, de George F. Walker, reçoit en 2000 le Masque de la traduction et est en lice pour un prix du Gouverneur Général, mais c’est sa traduction de Toxique ou L’incident dans l’autobus, de Greg MacArthur, qui lui vaut cet honneur en 2011. Au cours de la saison 2017-2018, elle a signé les traductions des pièces Vu du pont, de Arthur Miller, Local B-1717 de Erin Shields, Le bizarre incident du chien pendant la nuit, de Simon Stephens, Trahison, de Harold Pinter, ainsi que la coadaptation des Choristes, de concert avec Serge Denoncourt.

Paul Lefebvre | Traducteur et conseiller dramaturgique
Paul Lefebvre est traducteur, metteur en scène et professeur de théâtre. Il a travaillé au Centre national des arts comme directeur artistique fondateur de la biennale Zones Théâtrales et adjoint artistique de Denis Marleau, après avoir été directeur littéraire au Théâtre Denise-Pelletier. Il travaille comme conseiller dramaturgique au CEAD depuis janvier 2010.