Mot du directeur général

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Par Alain Jean | Directeur général du CEAD

Centre incontournable des écritures théâtrales du Québec et des francophonies canadiennes, dépositaire d’une expertise majeure en accompagnement dramaturgique, le CEAD appuie son action sur le développement de nouvelles œuvres. Il favorise également le rayonnement d’un répertoire célébré ici et à l’étranger.

Véritable plaque tournante de notre culture au Québec, au Canada, et un peu partout au monde, le CEAD est demeuré fidèle depuis 1965 à sa mission: accompagner, promouvoir et diffuser notre dramaturgie. Il participe à son développement en-dehors d’un contexte de production, un élément essentiel à son succès.

Les textes qui feront partie de ces 9e Dramaturgies en Dialogue n’ont pas été sélectionnés selon une thématique particulière. Par contre, il s’en dégage une série de questionnements particulièrement inspirants au sujet de ce qu’il est convenu de nommer les hybridations identitaires. Cela est vrai pour les œuvres de nos membres, mais aussi pour les textes américains qui feront partie de la programmation, lesquels nous confronteront avec des États-Unis légèrement en décalage avec ceux qu’on imagine habituellement.

Parmi les autres activités, c’est avec un immense enthousiasme que le CEAD s’inscrit comme facilitateur de l’émergence d’une parole théâtrale autochtone qu’on entend trop peu souvent sur nos scènes. L’évènement Écritures émergentes autochtones promet de nous interpeller d’une façon particulière et se veut un premier geste parmi plusieurs encore à venir.

Par ailleurs, pilotée par Elizabeth Bourget, la cinquième édition de notre École d’été, une formation professionnelle dans le domaine des écritures contemporaines dédiées à la scène, nous permet d’accueillir Nils Haarmann, traducteur et Dramaturg à la Schaubühne de Berlin. Sa présence participera à favoriser le développement d’une expertise encore plus foisonnante en matière de développement dramaturgique.

Dans le même souffle, nous nous réjouissons de présenter pour la première fois en Amérique le collectif Kom.post. Ses membres investiront tout d’abord l’ensemble des espaces et toutes les dimensions des Dramaturgies en Dialogue – des lectures publiques à l’École d’été, en passant par les ateliers et les conférences. À terme, l’objectif sera de créer une Fabrique du commun, véritable croisement entre un symposium, une performance collective et une réunion de cuisine où l’on refait le monde. Détournement de la conférence habituelle, véritable conversation performative, il s’agira, à terme, d’un regard perçant venu d’ailleurs sur des enjeux propres à notre milieu.

Finalement, de façon exceptionnelle, le texte lauréat du Prix Gratien-Gélinas 2017, La nuit du 4 au 5, de Rachel Graton, ne sera pas présenté en lecture au cours des prochains jours. Cette année, le Prix a joué son rôle de facilitateur entre une œuvre et une compagnie avec une rare acuité. En conséquence, la production sera offerte sous peu dans la Salle Jean-Claude-Germain du Centre du Théâtre d’Aujourd’hui. L’équipe étant déjà en répétition, il ne devenait plus pertinent d’offrir l’œuvre en lecture dans le but de créer une occasion de rencontre entre elle et un producteur éventuel. Nous vous convions toutefois à venir apprécier toute la portée de l’œuvre de Rachel Graton dès le 26 septembre prochain et jusqu’au 14 octobre. Par ailleurs, nous attirons votre attention sur la présentation, le 24 août, du texte Schefferville pendant l’extinction de la race blanche ou Le carnaval indien de l’Orphelinat des Monstres, de Benjamin Pradet, mention spéciale du jury du prix Gratien-Gélinas 2017.

Je souhaite que les rencontres qui se dérouleront au cours de cette édition des Dramaturgies en Dialogue soient riches et que les projets qui en émaneront soient enthousiasmants et porteurs!